J’ai retrouvé il y a peu un grand cahier, en fait un agenda comme on en avait dans tout poste de responsabilité avant l’avènement d’internet, où, de 1991 à 1997, j’ai consigné du factuel, de l’intime et des moments précieux. Une sorte de blog avant mon premier blog (ouvert en janvier 2007)…
J’en publierai ici des extraits, savoureux ou vachards, en tout cas authentiques.
5 MARS 1995 : L’AVENTURE CONTINUE
Un mois s’est écoulé. J’en ai repris pour dix huit mois à France Musique*. Le climat est bon. Claude Samuel a enfin compris qu’il pouvait avoir une petite équipe loyale et franche. Il s’est battu pour son journal Mélomane, pas seul, soutenu, donc intelligent, habile. Il manque terriblement de sens tactique. Tout entier occupé à défendre son idée, il ne regarde, ni n’écoute, ne perçoit pas son interlocuteur et échoue à le convaincre, à se l’attacher.
France Musique va mieux. Les chiffres remontent. Le Figaro a fait un bon article, à notre avantage. C’est bon pour le moral des troupes. La durée aussi. Le long terme est nécessaire.
La journée que j’ai organisée le 16 février avec Pierre Boulez a été telle que je l’avais imaginée. Un septuagénaire en pleine forme, 15 heures de direct, des rencontres fortes – Armand Gatti, Patrice Chéreau, Yves Bonnefoy, Gérard Mortier, Michel Serres. De la bonne, de la vraie radio ! (@Jean Pierre Rousseau)
* Précision : par l’une de ces bizarreries dont Radio France était (est toujours?) coutumière, mon premier contrat comme directeur délégué de France Musique ne durait que 18 mois… renouvelables (lire 30 ans ont passé)
Tout ce que j’ai consigné ce 5 mars 1995, je l’ai développé ici plus tard, comme la journée des 70 ans de Pierre Boulez (lire Pierre Boulez, un centenaire, des souvenirs).

Quant à Claude Samuel (1931-2020) ces impressions du moment confirment ce que j’ai écrit sur lui lors de sa disparition le 14 juin 2020. Et je repense d’autant plus fort à lui, le jour où s’ouvre le Festival Présences 2026 autour de la figure du compositeur Georges Aperghis.


Et pour ce qui est des humeurs et des bonheurs du jour, c’est toujours dans mes brèves de blog





