Son coeur a lâché ce dimanche. Zoltan Kocsis en était malade depuis plusieurs années.
J’aimais beaucoup ce grand musicien, que j’ai vu trop rarement sur scène, mais il occupe depuis longtemps une place essentielle dans ma discothèque, et comme pianiste et comme chef d’orchestre. J’ai trouvé un grand nombre de ses disques à Budapest, l’essentiel de sa production pour le label hongrois Hungaroton ayant été peu ou mal distribué en Europe occidentale. Heureusement Philips en avait fait un de ses artistes « maison », ce qui nous vaut des intégrales de haut vol. Qui restituent l’acuité, la vigueur, la subtilité, l’élan d’un jeu de piano débarrassé de toute fioriture inutile. Tom Deacon l’avait justement retenu dans sa collection des Grands Pianistes du XXème siècle.

Dans l’ordre de mes préférences, d’abord l’une des plus alertes visions de Rachmaninov, des concertos et une Rhapsodie à la pointe sèche.

Une formidable intégrale Bartók, un Debussy lumineux.


Les mêmes qualités se retrouvent dans Chopin, Haydn, Mozart, Brahms, tous ses disques méritent plus que l’intérêt.




Mais le chef d’orchestre Kocsis est tout aussi passionnant que le pianiste, et il applique au traitement du grand orchestre la même palette de couleurs et de transparences qu’au clavier.



Peut-on espérer que Decca – qui a repris l’exploitation du catalogue Philips – rende au musicien disparu l’hommage qui lui est dû ? Peut-on espérer que les labels hongrois qui ont de splendides références à la fois du jeune pianiste et du chef dans sa maturité nous restituent cet impressionnant catalogue en mémoire de l’un de leurs plus illustres musiciens ?




(Xan KROHN, Portrait de Sergei Chtchoukine, 1915)
Dans la deuxième salle, on est convié à un film-performance absolument remarquable de Peter Greenaway et Saskia Boddeke sur l’amitié qui lia Chtchoukine et Matisse.
(Van Gogh, Portrait du docteur Rey, 1889)
(Cézanne, Le fumeur à la pipe, 1902)
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Et on finit par accéder à une modeste demeure en bois, et une terrasse ombragée d’où l’on balaie tout l’horizon d’une ville géante, qui paraît si paisible, presque languide.






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(Hürrem Sultan Hamam
(Le 
(L’entrée de
(L’archange
(Dans Sainte-Sophie)





*J’ai pris le parti de ne pas faire de critique des concerts auxquels j’assiste. Ce n’est pas mon rôle. Mais je ne peux m’interdire d’exprimer mon enthousiasme. Et ces deux soirées m’ont enthousiasmé !