Double je

On est rarement déçu par un film de François OzonMême si, comme avec Woody Allen, les réussites sont inégales. Son dernier opus, L’Amant doublelaisse un sentiment mitigé.

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Dans la colonne points positifs : Ozon sait filmer, magnifiquement, on le savait, mais les plans, les décors, sont idéalement construits au service de l’intrigue. Marine Vacth est parfaite sous l’oeil amoureux de la caméra d’Ozon, ni trop ni pas assez dans le bouleversement sentimental qui la détruit. Jérémie Rénier n’a jamais déçu depuis qu’on l’a découvert dans Les Amants criminels. Ozon lui offre ici un rôle en or, puisque il est double, mais je ne peux en dire plus sauf à dévoiler le ressort du film ! Et puis Jacqueline Bisset, Myriam Boyer… François Ozon aime les actrices dans leur belle maturité.

Dans la colonne points contestables : Le film est trop long, le rythme tendu des cinquante premières minutes se relâche étrangement, le suspense s’affadit, le dénouement est trop attendu. Les clins d’oeil à Cronenberg, Brian de Palma ou aux premiers Polanski sont un peu trop appuyés, mais c’est le péché mignon d’un cinéaste qui connaît ses classiques.

Au total, un bon film qui installe un trouble durable dans l’esprit du spectateur.

Au lendemain de cette séance, je visitais de beaux jardins, d’ordinaire fermés, mais exceptionnellement ouverts dans le cadre de l’opération L’art au jardin.

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La propriétaire de ce jardin attenant à la célèbre église Notre-Dame d’Auvers sur Oise, outre ses propres toiles, exposait une série de miniatures qui ne pouvait pas ne pas retenir l’attention. Elle me proposa de rencontrer les auteurs de ces paysages colorés, deux frères. Comme si la fiction d’Ozon devenait réalité, je me retrouvai face à deux… jumeaux ! Troublant week-end décidément !

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IMG_9659(Slobodan Peskirevic, L’église d’Auvers, 2017)