Longévité

Un accident de santé avait contraint l’infatigable Stanislaw Skrowaczewski à interrompre son activité. Le vieux chef est mort hier, dans sa 94ème année, quelques semaines après son  contemporain Georges Prêtre.

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Je n’ai pas connu, ni jamais vu diriger Skrowaczewski, en revanche c’est un nom qui m’est familier depuis mes premiers disques, comme les concertos de Chopin où, logiquement, deux Polonais, un tout jeune chef et un pianiste star, avaient été réunis pour le premier en studio à Londres

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C’est de nouveau lui qu’EMI avait sollicité pour une autre star maison, Alexis Weissenberg 

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Mais le nom de Skrowaczewski est lié à l’orchestre symphonique de Minneapolis, devenu Minnesota Orchestradont il a été le chef pendant près de 20 ans, de 1960 à 1979, et avec lequel il a gravé, pour le glorieux label Mercury et sa série pionnière Living Presenceun large répertoire concertant et symphonique, aujourd’hui heureusement réédité. Y paraît l’art d’un chef qui déjà refusait les épanchements sentimentaux, brillait par la précision de sa direction, et les couleurs qu’il infusait au répertoire du XXème siècle, et qui se révélait un accompagnateur hors pair.

814hrvxupjl-_sl1500_(Détails : Last but non least)

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A l’occasion de ses 90 ans, le label Oehms avait réédité une somme prodigieuse, un peu passée inaperçue en France, rien de moins que des intégrales Beethoven, Bruckner, Brahms, Schumann gravées ces quinze dernières années avec l’orchestre de la radio de Sarrebrück.

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Tout ce qui a fait la grandeur et la singularité de Stanislaw Skrowaczewski est magnifiquement exposé dans cette captation bouleversante – l’adagio final ! – de la 9ème symphonie de Bruckner. 

Hommage !

Disques d’été (III) : Le son du cor au fond de Brahms

J’évoquais avant hier (https://jeanpierrerousseaublog.com/2015/08/01/disques-dete-ii-vive-la-suisse/) le Rigi, cette montagne à vaches qui borde le Lac des Quatre-Cantons au coeur de la Suisse. C’est précisément en se promenant un été sur le Rigi qu’un jeune compositeur trentenaire, secrètement amoureux d’une belle pianiste virtuose veuve de celui dont elle portera le nom pour la postérité, entend le soir venu sonner un cor des Alpes. Il note le thème : solo_de_cor_1ere_symphonie Sur une carte postale qu’il écrit le 12 septembre 1868. De Johannes Brahms à Clara Wieck-Schumann.Ce thème sera repris tel quel par Brahms, dans le finale d’une 1ere symphonie, dont la gestation fut particulièrement longue et difficile, et qui sera créée le 4 novembre 1876 à Karlsruhe. 1_4eme_mouv._m._30-38 Ecouter ce fameux thème à 36’35 »

Avec cette captation de concert, l’occasion m’est donnée de rendre hommage à l’un des plus grands chefs encore en activité, Stanislas Skrowaczewski (92 ans), et de conseiller le très beau coffret que son éditeur Oehms lui consacre :81upNYjr1QL._SL1500_71voxWMzw9L._SL1200_ Mais ma version de chevet de la 1ere symphonie de Brahms demeure la vision insurpassée de Karl Böhm avec les Berlinois en 1960, dans une prise de son exceptionnelle, un indispensable de toute discothèque 41WJWQNMPSL