Happy Birthday

Il a soixante-dix ans aujourd’hui et on a l’impression d’avoir toujours vécu avec lui. Comme l’écrit Renaud Capuçon dans les notes de présentation de l’un des deux considérables coffrets qui lui sont consacrés.

Happy birthday Mister Perlman !

Comme son contemporain Daniel Barenboim, Itzhak Perlman a beaucoup, énormément enregistré pour tous les grands labels, surtout EMI (devenu Warner) et Deutsche Grammophon.

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Je laisserai aux critiques patentés le soin de caractériser par les mots idoines l’art et le jeu de Perlman. 

Mes oreilles se sont habituées depuis l’adolescence à un son pur et chaleureux, à un très beau violon toujours sensuel, jamais vulgaire. Et dans les partitions très techniques (Paganini, Wieniawski) une virtuosité qui ne vise pas l’épate.

Se livrer au jeu des comparaisons serait aussi ridicule que fastidieux.

Cela étant, on n’est pas obligé de souscrire à la totalité de ces propositions, tout n’est pas de la même eau, en partie à cause des accompagnateurs. Quand Giulini sert Beethoven et Brahms aux mêmes hauteurs que son soliste, cela donne des versions de référence. Quand Previn, Foster ou Barenboim sont à la manoeuvre, on n’est pas toujours dans l’élan, la souplesse et la légèreté, parfois même on entend la rapidité de la mise en boîte.

Dans le coffret DG, peu de doublons avec la somme EMI – sauf les concertos de Mozart – plutôt des compléments, Berg, Stravinsky, Lalo, et un couplage inattendu du concerto de Tchaikovski et du 1er concerto de Chostakovitch où Perlman dirige le jeune Ilia Gringolts. Mais surtout deux intégrales que j’ai toujours beaucoup aimées des Sonates pour violon et piano de Beethoven avec Vladimir Ashkenazy, naguère parues chez Decca, et des Sonates pour violon et piano de Mozart avec Barenboim.

Bel hommage à un artiste rayonnant, de ceux qui donnent envie d’aimer la musique.

Du rire aux larmes

On a commencé la semaine tout sourire, on la termine dans les larmes de sang de la Tunisie et de l’Isère

http://www.lesechos.fr/monde/afrique-moyen-orient/021167297081-tunisie-attentat-terroriste-a-sousse-1132119.php

Pourtant on a bien aimé la dernière des Mousquetaires au Couvent à l’Opéra-Comique, la dernière pour l’insubmersible Jérôme Deschamps, formidable rénovateur de la Salle Favart, dernière pour l’établissement lui-même avant travaux (et une réouverture prévue au printemps 2017). Dans le public, la bande reconstituée des Deschiens, on a reconnu François Morel, Yolande Moreau, une ribambelle d’anciens ministres et même le Président de la République qui s’est invité discrètement au dernier acte.

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Mercredi fin de saison pour l’Orchestre de Paris à la Philharmonie, dans un programme d’apparence facile, qui a désarçonné une partie du très nombreux public présent. On the waterfront de Bernstein n’a pas la célébrité de West Side Story et les facéties de Heinz-Karl (dit HK) Gruber, même défendues avec talent par Hakan Hardenberger, semblent curieusement datées (https://en.wikipedia.org/wiki/Heinz_Karl_Gruber).

Deuxième partie beaucoup plus dans la tonalité des Prom’s : Fazil Say dans Rhapsody in Blue et une compilation des suites dites « de jazz » de Chostakovitch. Succès garanti.

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(Le parterre de la Philharmonie transformé en « promenade » comme au Royal Albert Hall de Londres)

Hier soir, nettement moins de monde pour un programme a priori plus austère, dans le cadre toujours aussi impressionnant de Saint-Louis des Invalides.

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Dans le cadre de l’exposition du musée de l’Armée De Gaulle-Churchill, l’orchestre symphonique de la Garde républicaine proposait la 2e symphonie (1941) d’Arthur Honegger et l’interminable « saucisson » qu’est le Concerto pour violon (1910) d’Edward Elgar, que l’archet inspiré et virtuose de Daniel Hope a brillamment sauvé de ses longueurs pas vraiment divines.

Pur hasard, trois concertos pour violon, et pas des moindres, Beethoven, Saint-Saëns (le 3ème) et Elgar portent le même numéro d’opus : 61.

Un conseil : réécouter le chef-d’oeuvre d’Honegger dans les versions de référence de Karajan et Munch.

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Triste semaine aussi pour nos amours de jeunesse, Laura Antonelli, Magali Noël et Patrick McNee

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Mais c’est sans doute la mort accidentelle de James Horner, le compositeur de Titanic, qui aura le plus marqué le grand public…

Sir Roger et Papa Joseph

Ce n’était pas la foule des grands soirs mais le programme autant que les interprètes justifiaient qu’on soit présent au Théâtre des Champs Elysées ce mardi soir. Très british indeed !

Roger Norrington, Ian Bostridge, Purcell (la suite Abdelazer or the Moor’s Revenge, dont le rondeau a servi de thème à Britten pour son fameux Young person’s guide to the orchestra), Britten justement et son Nocturne, pour ténor et orchestre, d’un accès moins aisé que la Sérénade antérieure, la sublime Fantaisie de Vaughan Williams sur un thème de Thomas Tallis, et last but non least la 103eme symphonie de Haydn qui s’ouvre par un spectaculaire « roulement de timbales »

On est heureux de constater la grande forme de l’Orchestre de Chambre de Paris, qui se plie avec une souplesse confondante aux exigences stylistiques, aux facéties parfois de l’illustre chef britannique, qui comme son compatriote John Eliot Gardiner, comme chef de choeur d’abord, puis chef d’orchestre a tant fait pour nous faire redécouvrir tout le répertoire classique et pré-romantique.

Jubilation particulière pour moi à l’écoute de l’une des symphonies les plus parfaites de Haydn – mais pourquoi les entend-t-on si rarement au concert?  ! Deux souvenirs personnels liés à cette oeuvre et ce chef.

Je ne me rappelle plus pourquoi un 33 tours Mercury, comportant les symphonies 94 et 103, par Dorati et le Philharmonia Hungarica, était présent dans cette bergerie glaciale que mes parents avaient louée dans les Pyrénées non loin de La Mongie en cet hiver 1970. On avait apporté l’électrophone pour passer quelques disques de Noël, et ce Haydn m’était-il destiné pour mon anniversaire ? Je me rappelle l’avoir passé en boucle et n’avoir jamais faibli depuis dans l’affection que je porte à ces deux symphonies.

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En cherchant sur Youtube, je suis tombé sur cette version plutôt inattendue de … Pierre Boulez (à Chicago en 2006)

L’autre souvenir est lié à l’émission Disques en lice, fondée en décembre 1987 sur Espace 2, la chaîne musicale et culturelle de la Radio suisse romande, par François Hudry, à laquelle j’ai participé sans interruption jusqu’à mon départ de la Suisse pour France Musique (à l’été 1993).

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(Roger Norrington et François Hudry / Photo F.H.)

La grande affaire de ces années-là avait été l’intégrale très admirée et très controversée des symphonies de Beethoven que Roger Norrington avait réalisée pour EMI avec les London Classical Players. Norrington avait devancé Harnoncourt et Gardiner dans cette entreprise, il prétendait se fier strictement aux indications métronomiques de Beethoven lui-même. Quel décrassage, quel dégraissage pour nos oreilles ! Et voici qu’un jour (pour la centième de l’émission ?) François Hudry avait invité Norrington à venir lui-même parler de ses interprétations, en l’occurrence de la 6e symphonie « Pastorale » de Beethoven.

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Et l’émission et le repas qui suivit furent bien trop courts… Sir Roger étant un formidable personnage, savant, gourmand, jouissant de la musique comme des farces qu’il fait aux musiciens et au public.

Je me rappelle alors lui avoir demandé s’il comptait graver Haydn. Il se tâtait encore, connaissant la difficulté de l’entreprise. La réponse vint quelques années plus tard, pour ce qui est des symphonies « londoniennes » et tout récemment pour le cycle des « parisiennes« . Evidemment indispensable !

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Le printemps

La Tribune des critiques de disques de France Musique avait mis à l’honneur ce dimanche Beethoven et l’une de ses oeuvres les plus célèbres : sa 5eme sonate pour violon et piano dite « Le printemps« .

http://www.francemusique.fr/emission/la-tribune-des-critiques-de-disques/2014-2015/sonate-violon-piano-printemps-beethoven-10-05-2014-20-30

Excellente idée de faire le point sur la surabondante discographie de cette sonate, qui est toute allégresse, bonheur simple, tournée vers Haydn et Mozart. Le risque ou le piège d’une écoute morcelée, à l’aveugle, qui est le propre de ce genre de tribune, est de détruire les mythes, d’abîmer les versions dites « de référence ». En l’occurrence, tel n’a pas été le cas, et on a plutôt aimé redécouvrir une version qui avait fait sensation à sa parution il y a 40 ans : Perlman/Ashkenazy.

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J’imagine que Jérémie Rousseau a reçu quantité de messages de protestation : pourquoi n’avoir pas retenu, ou avoir oublié telle ou telle version légendaire, ou toute récente ? Les mélomanes, et cette espèce particulière de mélomanes que constituent les discophiles, ont leurs exigences, leurs préférences, leurs propres références !

Pour compléter le beau panorama offert par la dernière Tribune, quelques-unes de mes versions favorites.

La toute récente intégrale des sonates pour violon et piano de Beethoven captée en concert au Wigmore Hall de Londres par un duo qui fonctionne à merveille, Alina Ibragimova et Cédric Tiberghien

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Après sa légendaire partenaire Clara Haskil, Arthur Grumiaux a réenregistré six des dix sonates pour violon et piano de Beethoven avec Claudio Arrau (en 1975/1976). Cet enregistrement nous a été restitué dans la collection Eloquence. Un grand duo !

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Dans les grands anciens, impossible de passer à côté du charme et du rayonnement solaire de deux de nos plus grands violonistes français, Christian Ferras et Zino Francescatti (et de leurs formidables partenaires respectifs, Pierre Barbizet et Robert Casadesus)

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Une amitié particulière

Suite de mon billet d’hier (https://jeanpierrerousseaublog.com/2014/08/29/des-lueurs-dans-la-nuit/), Robert Soëtens évoque trois grandes sonates pour violon et piano nées pendant la Première Guerre mondiale, Fauré, Debussy… et Darius Milhaud !

Quant à la 2e sonate de Darius Milhaud, vous avez assisté à sa gestation puisque vous étiez condisciple du compositeur, alors comme vous élève du Conservatoire ?

– R.S. Milhaud conçut cette oeuvre « pour Monsieur André Gide« , avant la guerre de 14; elle ne fut terminée qu’au Brésil où Milhaud avait été désigné par le MInistère comme secrétaire auprès de Paul Claudel, « Ministre de France au Brésil ». La dédicace à Gide était justifiée par l’enthousiasme de Darius pour l’écrivain comme toute la jeunesse intellectuelle de l’époque, et plus particulièrement par « Les nourritures terrestres« 

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J’ai été en effet témoin de cet élan puisque nous étions, Milhaud et moi, entrés la même année – 1910 – au Conservatoire et réclamés, l’un et l’autre, par le même professeur de violon, Berthelier, dont la classe était la plus recherchée.

Je n’avais que 13 ans, et Berthelier avait dû demander au jury et à son président, Gabriel Fauré, directeur du Conservatoire, de m’accorder une dispense spéciale. Ayant été le 2eme du palmarès général, j’obtins aisément gain de cause. Pour Milhaud, déjà bachelier ès-lettres, il n’y avait eu aucun problème d’âge; encore lui avait-il fallu se montrer un remarquable violoniste, pour avoir été sélectionné parmi les 20 premiers de 300 concurrents d’un niveau très élevé. Jouer du violon n’était pour lui qu’un désir de découvrir la musique; deux ou trois ans plus tard, ses ambitions violonistiques cédèrent devant celles, plus impérieuses, du compositeur inscrit dans les classes d’écriture, mais son passage dans la classe de violon avait soulevé quelques remous ! Son originalité nous impressionnait ! Toujours élégant, portant chapeau melon, ce jeune homme provençal nourri de Cézanne et d’Eschyle contrastait avec nos allures de potaches. Son choix de travail n’était pas moins surprenant. Echappant à nos programmes scolastiques, il apportait à la classe des oeuvres étranges, inconnues pour nous. M’approchant un jour du pupitre, je lus « Poème«  d’un certain Chausson dont nous n’avions encore jamais entendu parler et qui fit son entrée ce jour-là au Conservatoire (très conservateur à l’époque), grâce à Milhaud. Je sursautai en lisant : « dédié à Eugène Ysaye ». Du coup je portai un vif intérêt à cette musique et à celui qui l’avait dénichée.

– Entre le petit Soëtens de 13 ans (déjà plus haut par la taille) et le grand aîné naquit une étrange complicité

– R.S. CInq années d’écart entre nous, c’était beaucoup à cet âge. Néanmoins, la musique nous rapprocha. À ce moment, Milhaud était franckiste, il aimait jouer la Sonate de Magnard et celle de Guilaume Lekeu, élève de Franck (elles aussi dédiées à Ysaye, cette dernière étant l’une des trois sonates, avec celles de Franck et Fauré (n°1) qu’adorait Marcel Proust, qu’il entendait dans les salons parisiens et qui constituèrent dans son oeuvre l’unique et fictive sonate de Vinteuil.

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J’avais été bercé dans mon enfance par ces mêmes oeuvres jouées par mes père et mère. Pour me grandir aux yeux de Darius, je me flattais, à juste titre, d’avoir été déjà l’élève d’Ysaye. Nous sortions ensemble de la classe vers midi et cheminions par les rues de Madrid et de Londres jusqu’à la Trinité, quand un jour il me dit : « Viens déjeuner chez moi, j’habite là sur le côté de l’église rue Gaillard ». En franchissant le seuil du n°5 il me parla de son 1er quatuor terminé, ajoutant qu’il en écrirait 18 « pour faire la pige à Beethoven« . Son 3 pièces était meublé avec goût. « Mettez un couvert pour mon ami, le petit Soëtens » dit-il à sa gouvernante ce jour-là et beaucoup d’autres fois par la suite. Après le déjeuner, nous passions de la salle à manger provençale au salon, où Milhaud ouvrait des placards de musique et de ses propres manuscrits de jeunesse. Il en tirait diverses partitions, il se mettait au piano – dont il jouait aussi bien que du violon – je prenais un violon et nous jouions des heures. Que ne m’a-t-il pas fait connaître, ouvrant mes oreilles et connaissances à la musique de notre temps !…

À suivre le récit de cette indéfectible amitié entre Robert Soëtens et Darius Milhaud (1892-1974)…

Ci-dessous deux photos prises alors que Robert Soëtens n’avait que… 94 ans, chez (et avec) François Hudry, que je remercie pour ces beaux souvenirs.

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Un Américain de Paris

On le redoutait, le sachant malade depuis plusieurs mois : Lorin Maazel vient de mourir à 84 ans. Lui qui avait composé un unique opéra intitulé 1984 ! C’est à Paris, à Neuilly plus précisément, que naît le petit Lorin le 6 mars 1930, c’est à Paris qu’il viendra réaliser, à 27 ans, ses tout premiers enregistrements pour Deutsche Grammophon avec l’Orchestre National (à l’époque « de la RTF » puis « de France ») dont il sera l’un des prestigieux directeurs musicaux de 1977 à 1991.

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Le seul examen des fonctions qu’il a occupées durant une carrière exceptionnellement longue (le petit Maazel avait commencé à diriger à 11 ans!) donne le tournis : Londres, Munich, Vienne, Berlin, Paris, New York, Cleveland, Pittsburgh, plus récemment Valence, tous les grands orchestres, toutes les grandes scènes d’opéra. La discographie de Lorin Maazel est à l’image de sa carrière, surabondante, trop peut-être, mais avec des réussites exemplaires, parfois insurpassées.

À mes oreilles, le plus grand Maazel se trouve dans ses gravures des années 60 et 70. Plus tard l’effet l’emportera souvent sur l’inspiration, l’emphase sur le style.

Sous réserve d’inventaire, une première sélection, celle du coeur :

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Le titre de ce coffret est partiellement incorrect, puisque c’est avec le National qu’un Lorin Maazel de 28 ans gravait la 1ere et la 41eme symphonies de Mozart, toutes en énergie à défaut de subtilité. Fabuleuses 5eme et 6eme symphonies de Beethoven, juvéniles symphonies de Schubert.

C’est à la même époque, toujours avec le National, que Lorin Maazel grave deux versions jamais dépassées de L’Enfant et les Sortilèges et de l’Heure espagnole de Ravel

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Suivront pour Decca, au mitan des années 60, des intégrales des symphonies de Sibelius et de Tchaikovski, qui sont demeurées des références – même en regard des remakes ultérieurs du même chef – et sont regroupées dans un coffret qui vient de sortir :

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Du temps de son mandat de directeur musical de l’Orchestre National de France, Lorin Maazel a réalisé nombre d’enregistrements de musique française, aujourd’hui difficilement trouvables. C’est par exemple lui qui a créé et enregistré avec son dédicataire, Isaac Stern, le concerto pour violon « L’arbre des songes » de Dutilleux

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C’est au cours de la décennie 70 que Maazel réalise à Londres une somme exemplaire des opéras de Puccini, où sa direction à la fois précise et sensuelle fait merveille, avec des équipes idéales dans ce répertoire (Brilliant Classics avait naguère publié un coffret très bon marché de ces enregistrements, réédités séparément par Sony)

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Pour le fidèle du Concert de Nouvel An de Vienne que je suis, je ne peux oublier que Lorin Maazel en a été l’invité privilégié dès la « retraite » de Willy Boskovsky, de 1980 à 2005, sans toujours laisser une trace impérissable.

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La collection Decca Eloquence australienne a réédité ces derniers mois nombre d’enregistrements réalisés à Cleveland, notamment de musique française. Lorin Maazel à son meilleur !

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Impossible de parcourir une aussi riche discographie d’une traite. Il faudra y revenir, pour rendre hommage à l’un des chefs les plus incroyablement doués de sa génération, qui a parfois donné le sentiment de se laisser aller à la routine ou à la facilité, alors qu’il pouvait instantanément retrouver la fougue et l’élan de sa jeunesse.

Je garde le souvenir, il y a plus d’une vingtaine d’années, au Victoria Hall de Genève, d’un concert de tournée du Pittsburgh Symphony, dont Maazel était alors le chef. Figurait au programme la 3e symphonie « Héroïque » de Beethoven. Avec les amis de la Radio Suisse romande qui m’accompagnaient, nous craignions une lecture luxueuse mais banale, nous eûmes droit à l’une des plus magistrales et fulgurantes Eroica jamais entendues en concert…