Amours de cinéma

Deux films ce week-end, l’un pour sacrifier à l’actualité, l’autre pour se remémorer un chef-d’oeuvre.

Pour parodier Woody Allen, tout le monde dit I love La La LandAlors on est allé voir, et comme souvent lorsque la promotion est univoque, insistante, on est sorti mitigé, ni enthousiaste, ni déçu.

Damien Chazelle est brillant, habile – la scène d’ouverture que toute la presse a louée est un petit chef-d’oeuvre à elle seule – mais le scénario est d’une platitude rare et l’histoire s’étire sans jamais captiver. Une histoire d’amour contrariée, deux destins d’Américains moyens, qui ne sont pas compensés par un montage virtuose, des cadrages esthétisants, et quelques allusions, mais vraiment allusives, à Minelli ou à Jacques Demy. Ajouterai-je que je trouve Ryan Gosling sans charme, quelconque, Emma Stone sympathique.sans plus.

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De retour chez moi, j’ai eu envie de revoir l’un des plus grands films soviétiques, Quand passent les cigognes (1957) de Mikhail KalatozovSi tous les films de propagande avaient été du niveau de celui-là, l’URSS aurait aisément dominé le cinéma mondial. Mais le réalisateur ne s’en laissa jamais conter (Révolutionset ce film fait craquer le cadre formel du héros soviétique et de l’amour que lui voue la magnifique Tatiana Samoilova

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La virtuosité, l’originalité des plans, des angles de vue, la beauté formelle des images, le jeu des acteurs, font de ce film un must. 

C’est l’un des grands compositeurs – encore trop méconnu – du XXème siècle qui en signe la musique : Mieczysław WeinbergOn y reviendra…

La La Land mention bien, Quand passent les cigognes mention chef-d’oeuvre !

Et la musique ?

L’actualité s’est invitée dans ce blog mais ne m’a pas détourné de mes vraies passions !

Précisément dimanche dernier, dans le calme d’une belle demeure en vallée de la Bièvre, j’avais été convié par mon ami Michel Dalberto à un Voyage d’Hiver en compagnie du jeune baryton-basse français Edwin Crossley Mercer.

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Un fabuleux voyage en effet. Ce cycle de mélodies de Schubert me bouleverse à chaque écoute, quand je mets sur ma platine Hans Hotter, Fischer-Dieskau ou les plus jeunes Goerne ou Gerhaher. Autant dire que le partage est plus fort encore, dans le cadre idéal d’un salon, où chaque nuance, chaque inflexion, porte sans artifices. Et qu’on découvre la richesse d’un timbre, la parfaite diction d’une voix qui s’assombrit au fil des années. On ne pouvait rêver duo mieux apparié dans Schubert que celui que formaient Michel Dalberto et Edwin Crossley-Mercer. Un disque bientôt ?

Plusieurs coffrets se sont accumulés sur ma table d’écoute : à déguster calmement, mais sans modération !

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On y reviendra !

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Voici rassemblées en un seul coffret les symphonies de Beethoven que Paavo Jârvi a gravées en une petite dizaine d’années avec la Deutsche KammerphilharmonieJ’avais entendu une extraordinaire Héroïque dans le cadre du festival Mostly Mozart de New York (dirigé par Louis Langrée), puis attendu avec curiosité chaque sortie. L’ensemble est passionnant, mais contrasté. La vision « objective » du chef estonien peut déconcerter dans la 9ème symphonie par exemple, et au contraire séduire dans les 3ème, 5ème et 6ème…

Et puis des livres, qu’on achète parce qu’on aime bien les artistes et les auteurs :

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Enfin, comme il arrive souvent, un disque qu’on a depuis plusieurs semaines sur sa table de chevet et qu’on n’avait pas trouvé le temps (ou les conditions propices) d’écouter. La belle équipe autour de Karine Deshayes !

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