Je savais en écrivant ce billet le 5 décembre dernier https://jeanpierrerousseaublog.com/2014/12/05/les-vivants-et-les-morts/ que Jacques Chancel n’allait pas bien. Il ne s’en cachait pas dans son dernier ouvrage, que je viens de refermer. Le voilà parti cette nuit rejoindre tous ceux qui ont fait la légende de la radio et de la télévision…
Merci Jacques pour tout ce que tu as offert à l’adolescent que j’étais, ne ratant aucun Grand Echiquier, découvrant grâce à toi un univers, celui des authentiques musiciens, qui est le mien aujourd’hui, regardant fasciné Karajan et son Philharmonique de Berlin, le tout jeune Tedi Papavrami à peine débarqué de son Albanie natale, les duos improbables de Menuhin avec Ravi Shankar ou Stéphane Grapelli, et tant et tant d’autres…
Merci Jacques pour ces quelques conversations pendant ma période France Musique. à l’époque où tu fondais Mezzo.
Et puis merci pour les milliers de Radioscopie, les grandes heures de la télévision…
Comme tu l’aimais bien, et qu’elle aussi je l’avais découverte dans un Grand Echiquier, Anne-Sophie Mutter pour te dire au revoir :
Plus connu sous son nom de musicien, Nikolaus Harnoncourt, né à Berlin le 6 décembre 1929, est et a toujours été un aristocrate de la musique. De ceux qui ont une haute conception de leur art, de leur métier, un comportement exemplaire envers la musique, les compositeurs et le public. Si Harnoncourt a toujours inspiré le respect aux musiciens, aux auditeurs, à la critique, c’est parce qu’il n’a jamais transigé avec une éthique, une exigence, une certaine idée de la Musique.
Je suis loin d’avoir toujours été d’accord avec ses choix, je me suis parfois ennuyé à certains concerts – où le sens du détail, la qualité de l’articulation me semblaient brider l’élan d’une symphonie de Mozart ou de Bruckner, mais j’admire et reviens souvent à sa discographie, même quand elle surprend :
En cette période de fêtes, le choix est faste pour célébrer Harnoncourt. Deux livres d’abord, une réédition en poche d’un classique, parfois ardu, toujours pertinent :
Et cette compilation, qui bénéficie d’une formidable préface de Sylvain Fort (qui a aussi traduit de l’allemand, sans jamais les trahir, les propos de Nikolaus Harnoncourt)
Dans une discographie surabondante, Warner ressort un coffret plutôt inattendu, et pour tout dire passionnant : trois CD de valses de Strauss, dont le concert de Nouvel An 2001, et deux intégrales de La Chauve-Souris et du Baron Tzigane qui, à leur sortie, n’avaient pas eu les faveurs de la critique, parce que finalement on reprochait à Harnoncourt d’aborder ces oeuvres avec trop de sérieux. Il est vrai que ces versions manquent parfois de paillettes, mais elles disent surtout combien Strauss est un grand compositeur, à l’époque respecté par Brahms et Wagner.
« Quant à Milhaud, que je retrouvais au Boeuf sur le Toit, il me fit connaître Arthur Honegger, Germaine Tailleferre, Poulenc, Wiener et Doucet, les incomparables duettistes, dont les pianos – des « crapauds » – vu l’exiguïté du bar, se chevauchaient l’un l’autre; la technique volubile de Doucet venait envelopper de ses arabesques le jeu thématique, syncopé, volontairement accusé de Wiener.
Honegger avait déjà publié ses deux excellentes sonates pour violon et piano, dont je m’empressai d’être l’interprète, Germaine Tailleferre allait dédier à Jacques Thibaud sa charmante et féminine Sonate, qu’ils créèrent ensemble…….
…La Salle Pleyel de cette époque, encore très recherchée, était toujours celle de la rue Rochechouart, où joua Chopin, on l’appelait Les Salons Pleyel, Ysaye et Pugno y donnaient régulièrement leurs séances de sonates, de même que Capet avec son quatuor.
Je choisis ce temple sacré de la musique pour y donner deux récitals à quelques jours d’intervalle. Au programme du premier la 3e partita de Bach intégralement tout comme Enesco qui fut le premier à programmer en concert une Suite de Bach entière, ma deuxième audace fut de donner à Paris en première audition le 23 janvier 1925 dans la version violon avec piano de la rhapsodie Tzigane de Ravel qui venait d’être publiée…
… L’accoutumance à l’écriture violonistique d’Ysaye, de Bartok, Prokofiev et autres contemporains a fait monter le niveau technique considérablement…
Clin d’oeil à Tedi Papavrami, qui vient d’être récompensé d’un Diapason d’Or 2014 pour son enregistrement des six sonates d’Ysaye pour violon seul
Peu de compositeurs peuvent se dire aussi parisiens que Francis Poulenc.
Souvenir d’enfance : des cousins côté paternel habitaient le même immeuble que Poulenc, rue Guynemer face au Jardin du Luxembourg et s’étaient plaints de leur bruyant voisin !
On a à peu près tout dit, tout écrit sur ce compositeur atypique (http://fr.wikipedia.org/wiki/Francis_Poulenc). Atypique parce qu’unique dans le paysage musical du XXème siècle, ni disciples, ni successeurs. Moine ou voyou, selon l’expression consacrée, Poulenc est immédiatement reconnaissable, très français d’esprit et de ton.
Jessye Norman – qui avait étudié la mélodie française avec Pierre Bernac – donne un poids inhabituel à une mélodie – Les chemins de l’amour – dédiée et créée par Yvonne Printemps
Il faut écouter Poulenc – les bonnes intégrales ne manquent pas – il faut aussi le lire :
Dans la discographie récente, deux disques me touchent particulièrement :
Et la réédition d’un grand succès public et critique depuis sa parution en 2004 : à l’oeuvre le chef Stéphane Denève, les pianistes Eric Le Sage et Frank Braley qui donnent justement le concerto pour deux pianos ce soir avec l’Orchestre National de France à l’Auditorium de la Maison de la radio.
Les rééditions spectaculaires auxquelles se livrent toutes les majors du disque classique sont – ou devraient être ! – l’occasion de redécouvrir de grands interprètes à l’abri des clichés qui leur sont attachés.
La collection Eloquence/Australie avait déjà réédité l’essentiel de ces enregistrements, mais ces 31 CD jettent une nouvelle lumière sur l’art d’un musicien passionné par le répertoire classique et romantique allemand – des intégrales prodigieuses des symphonies de Beethoven et de Brahms, les six Symphonies parisiennes de Haydn (ainsi que les symphonies 22 et 90), les 2e et 4e de Sibelius, la 2e de Schumann, l’Italienneet des ouvertures de Mendelssohn, Weber, Schubert, etc. Quelle vitalité, quel sens du rythme juste, quelle vigueur dramatique, quel élan dans ces pages ! Certains critiques – les mêmes qui par ailleurs déplorent l’uniformisation des orchestres – ne manqueront pas de relever l’acidité des cordes, la justesse parfois approximative des bois, là où personnellement j’entends l’identité, l’authenticité d’une formation symphonique qui n’était comparable, et comparée, à aucune autre.
Je préférerai toujours l’identité à l’uniformité, l’esprit à la lettre, un son authentique d’orchestre à une perfection immaculée, Tous les orchestres aujourd’hui jouent beaucoup mieux que l’OSR du temps d’Ansermet, nous délivrent-ils pour autant toujours l’essence de la musique ?
Guère de surprise à attendre dans le coeur de répertoire du chef autrichien – les dernières intégrales, apaisées, parfois crépusculaires, de Beethoven ou Brahms. En revanche, Karajan, une fois de plus, impose des références là où il sort des clichés : une exceptionnelle 4e symphonie de Nielsen, une prodigieuse 10eme symphonie de Chostakovitch (la seconde version après celle de 1967), et ces Mahler entrepris tardivement, une 9èmelive, l’une des plus bouleversantes de toute la discographie.
Moins étrange l’association Harnoncourt – Johann Strauss. On est loin des relectures de Haydn, Mozart ou Beethoven, on est parfois encore un brin trop sérieux, mais bon sang viennois ne saurait mentir, et le vénérable chef autrichien (85 ans dans quelques jours) qui fut un temps violoncelle solo des Wiener Symphoniker considère ce répertoire comme de première importance et le traite comme tel : deux versions de référence de La Chauve-Souris et du Baron Tzigane.
Echapper parfois au flux de l’actualité, replonger dans sa phonothèque, redécouvrir une merveille :
Un violoniste de 33 ans, Christian Ferras, à son apogée, un chef de 30 ans, ZubinMehta, un orchestre de légende, à l’époque « Orchestre National de la RTF », c’était en 1966. Une des plus grandes versions du concerto pour violon de Sibelius.
Pas encore ouvert le livre acheté ce dimanche, qui « se veut moins un commentaire musicologique que l’accompagnement spirituel d’une grande aventure artistique ». Richard Millet se dit fasciné par le compositeur finlandais, qui a cessé d’écrire pendant plus de trente ans avant sa mort en 1957. Fascination que j’ai aussi éprouvée très jeune, depuis deux émissions de La Tribune des critiques de disques du temps de la bande à Panigel, Bourgeois, Goléa : sur le Concerto pour violon (de la m…. selon Goléa), et surtout l’incroyable 7e symphonie, d’un seul tenant. J’avais profité d’un passage aux puces de Saint-Ouen, et d’une véritable caverne d’Ali Baba, où mes modestes moyens me permettaient d’acquérir des coffrets neufs à tout petit prix, pour acheter l’intégrale des symphonies dirigée par Lorin Maazel. C’est resté ma référence.
Emotion de retrouver l’une des dernières interprétations du grand chef, disparu le 13 juillet dernier, ici à New York en 2013.
Et puis, pour qui aime Sibelius, l’ouvrage incontournable de l’ami Vignal
Souvenirs enfin d’un voyage à l’été 2006 en Carélie, ce pays de lacs et de forêts qui fut celui de Sibelius.
Les mythes ont la vie longue, surtout s’ils recouvrent une réalité. Les WienerPhilharmoniker – l’Orchestre philharmonique de Vienne – demeurent cet orchestre à la sonorité unique, reconnaissable entre toutes (ce hautbois pincé et nasillard, ces cors éclatants qui rappellent les trompes de chasse, ces cordes fruitées, souples et légères)
Mais la légende est double : ce son inimitable est aussi celui que les ingénieurs de Deccaont capté et restitué pendant plus de trente ans !
Après Deutsche Grammophon – qui n’a jamais vraiment réussi à rendre aussi parfaitement cette image sonore des Viennois – qui avait publié une édition symphonique un peu disparate (même si elle nous permettait d’accéder de nouveau à l’intégrale des symphonies de Mozart réalisée par James Levine)
c’est DECCA qui propose un coffret noir et or de 65 CD, qui raconte avec beaucoup de pertinence (et pas mal d’inédits ou de raretés en CD) la légende glorieuse d’un orchestre à son apogée et de chefs mythiques, Monteux, Münchinger, Krauss, Krips, Karajan, Knappertsbusch, Böhm, Mehta, Maazel, Abbado, Reiner, Kertesz, Schmidt-Isserstedt, Boskovsky, Kleiber (le père), Walter, Solti, etc…
Des enregistrements réalisés sur une trentaine d’années (1950-1980), classés par périodes – de Haydn (avec Monteux et Münchinger) à Khatchaturian -, un luxueux livre richement illustré en quatre langues (dont le japonais). Des minutages très généreux et des couplages intelligents. Un beau cadeau de fin d’année !
Tout juste rentré des Etats-Unis où j’avais accompagné une tournée de l’Orchestre de laSuisse Romande, un peu décalé, je regardais la télévision avec ma petite famille à Thonon-les-Bains. Impossible de décrocher de ces images incroyables. Et de ne pas penser aux amis roumains qui nous avaient rendu visite à l’automne 1987 et qui attendraient encore quelques semaines pour accomplir leur propre Révolution.
Le lendemain je repartais pour Barcelone, et son extraordinaire Palau de la Musica, où Armin Jordan devait diriger avec ses musiciens romands et l’Orfeo Catala une oeuvre qui prit ce jour-là un relief tout particulier, cette vaste fresque humaniste, en refus de la guerre, des guerres, le War Requiem de Britten.
25 ans ont passé, il en faudra plus pour effacer les traces dans les esprits, les comportements, et même les coeurs, de ceux qui ont subi ce Mur de la honte.
Il reste aujourd’hui cette sorte de musée à ciel ouvert réalisé sur des pans de l’ancien Mur, qu’on peut voir après la monumentale Karl Marx Allee…
Reçu ce matin par la poste un lourd coffret de 80 CD que j’ai ouvert comme un cadeau de Noël avant l’heure, le deuxième volet de la réédition intégrale, entreprise par SONY, de tous les enregistrements réalisés par Leonard Bernstein pour le label américain. Il y avait déjà eu une première salve, à peine moins imposante (https://jeanpierrerousseaublog.com/2014/03/18/bernstein-forever/) avec « The Symphony Edition » La nouveauté, c’est une exceptionnelle compilation d’oeuvres concertantes et symphoniques de Bach à… Bernstein ! C’est encore plus incroyable que le premier coffret. On se demande déjà comment (et quand ?) Bernstein chef, et parfois pianiste, a pu enregistrer autant et aussi bien, un répertoire aussi immense, en moins d’une quinzaine d’années (dont la période – 1958/1969 – où il fut le directeur musical du Philharmonique de New York). C’est proprement hallucinant, et chaque galette prise au hasard réserve des surprises, même si les enregistrements nous sont depuis longtemps familiers. Le simple énoncé des compositeurs et solistes qui font partie de ce deuxième gros coffret donne le tournis : Bach, Barber, Bartok, Beethoven, Ben Haim, Berlioz, Bernstein, Bizet, Borodine, Brahms, Britten, Chabrier, Chostakovtich, Copland, Dallapiccola, Debussy, Dukas, Dvorak, Elgar, Enesco, Falla, Feldman,Gershwin, Gounod, Grofé, Grieg, Hindemtih, Honegger, Holst, Ives, Ligeti, Liszt, Mendelssohn, Moussourgski, Mozart, Nielsen, Offenbach, Piston, Poulenc, Prokofiev, Rachmaninov, Ravel, Respighi, Revueltas, Rimski-Korsakov, Rossini, Saint-Saëns, Sibelius, Johann Strauss, Richard Strauss, Stravinsky, Suppé, Tchaikovski, Thomas, Wagner – liste non exhaustive ! –etc… Et puis de savoureuses ouvertures, pièces de genre, marches, valses, que Bernstein transfigure par son charisme, son énergie… et sa culture. Comme cette ouverture de Raymondd’Ambroise Thomas (quand nous rendra-t-on la version télévisée du chef à la tête de l’Orchestre National ?)
Isaac Stern Zino Francescatti, André Watts, Glenn Gould, Yehudi Menuhin, Rudolf Serkin, Philippe Entremont, Gold et Fizdale, Dave Brubeck, André Previn, Gary Graffman, Pinchas Zukerman, Leonard Rose sont les solistes de pratiquement tous les concertos du répertoire, parfois en plusieurs versions. D’autres chefs ont encore plus enregistré que Bernstein (je pense à Antal Dorati) mais il y a peu d’exemples d’une telle prodigalité à si haut niveau. Bernstein ou le désir fou de musique !
John Eliot Gardiner a grandi sous le regard d’un des deux portraits authentiques de Bach, conservé dans la maison de ses parents où il avait été caché pendant la Seconde Guerre mondiale (c’est ce portrait qui figure en couverture de l’édition originale en anglais du livre de Gardiner)
Cet ouvrage est le fruit d’une vie passée à parfaire sa science et sa pratique de la musique de Bach. Nourri d’archives et d’analyses, il nous fait rencontrer « l’homme en sa création » : nous ressentons ce que pouvait être l’acte de faire de la musique, nous habitons les mêmes expériences, les mêmes sensations que lui. John Eliot Gardiner mêle avec un talent rare érudition, passion et enthousiasme. (Présentation de l’éditeur)
Gardiner avait déjà laissé une discographie exceptionnelle de Bach chez Archiv, il a récidivé sous son propre label pour l’intégrale des cantates, un projet qu’il a conduit depuis une quinzaine d’années.
Autre ouvrage, que je n’attendais pas sous cette plume : Chopin ou la fureur de soi, de Dominique Jameux :
J’ai bien connu Dominique Jameux, d’abord et surtout comme auditeur, puis comme directeur de France Musique : producteur exigeant, parfois ombrageux, concentré sur des périodes, des compositeurs, qu’il revisitait, et nous aidait à redécouvrir sans cesse. Et je n’ai pas le souvenir à l’époque qu’il ait manifesté à l’antenne cet amour de Chopin qui nous vaut aujourd’hui ces 350 pages passionnantes et très personnelles. Jameux, ce sont des ouvrages de référence sur Berg, Boulez, Richard Strauss mais pourquoi Chopin ?
« Première (raison) : le caractère résolument individuel, voire intime, tant de ce que Chopin nous glisse à l’oreille que de l’écho que nous lui donnons en nous. Chopin c’est comme la radio : une parole (musicale) qui s’adresse à un auditeur; Moi, vous.Chopin n’a pas de public. Chaque auditeur est seul à l’écouter. L’expérience Chopin le touche au plus secret… »
Dominique Jameux livre aussi une discographie très personnelle de « son » Chopin : je n’ai pas été surpris d’y retrouver l’incomparable Nelson Goerner.
Beau document qui nous permet de retrouver Frans Brüggen dans une pièce peu connue de Chopin.
Enfin – provisoirement – un nouveau pavé dû à l’inépuisable André Tubeuf :
Quinze ans de chroniques mensuelles dans Classica sont rassemblées ici : pour l’essentiel de grandes figures du passé, le panthéon personnel de l’octogénaire philosophe, mais aussi quelques beaux portraits d’artistes d’aujourd’hui, comme Leif OveAndsnes ou Philippe Jordan. Et toujours l’inimitable style Tubeuf…
Intruse, oui. Projetée sous les pleins feux de la façon la plus spectaculaire, sans qu’elle l’ait en rien recherché, sans que ce fût en rien dans son caractère… Il y eut l’incident Norma, à Rome, début janvier 1958 – la dérobade (*). L’autre Norma appelée en hâte serait forcément, aux yeux du monde, une remplaçante. Pourtant en Italie, depuis six ou sept ans, Anita Cerquetti se multipliait dans les plus grands théâtres, chantant Verdi, chanteuse essentiellement noble, comme aucune autre alors ni en Italie ni ailleurs…
(*) Le 2 janvier 1958, à la fin du premier acte de Norma, Maria Callas quitte définitivement la scène de l’Opéra de Rome. Prétextant une indisposition elle n’achèvera pas sa représentation. Le public est stupéfait. Le scandale éclate le lendemain dans toute la presse.