Italie 2020 (IX) : Parme, Toscanini, Verdi, hommages

Je l’évoquais (voir Modène, Luciano et Mirella), je n’ai pu faire qu’une courte visite à pied de la ville de Parmepour cause de handicap pédestre !

IMG_2711Pas de visite de l’imposant Palazzo della Pilotta (ci-dessus) qui vous saisit dès la sortie du parking.

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Une rapide traversée du pont Verdi qui enjambe la rivière

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IMG_2666le temps d’apercevoir les grands jardins du Parco Ducale.

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Direction la Cathédrale de Parmel’un des chefs-d’oeuvre d’architecture religieuse d’une région qui n’en est pas avare !

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IMG_2675Le contraste entre la splendide simplicité extérieure et la foisonnante décoration intérieure de l’édifice est spectaculaire.

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Le Baptistère Saint-Jean qui jouxte la cathédrale, étant en travaux, n’était malheureusement pas visitable.

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Verdi, Toscanini et quelques autres

Plusieurs noms de la musique sont liés à Parme. C’est la ville natale d’Arturo Toscanini, né à Parme le 25 mars 1867, mort à New York le 16 janvier 1957.

D’honorables compositeurs y naissent, comme Ferdinand Paër, ou y meurent, comme Giovanni Bottesini, le virtuose de la contrebasse. D’autres, comme Paganini, y jouent un rôle important – on y reviendra dans un prochain article.

Mais c’est évidemment Verdi (lire Livres d’été : Verdi et Rossini), la célébrité du duché de Parme, puisqu’il naît à une trentaine de kilomètres de Parme, à Roncole – sous domination française ! – le 10 octobre 1813, et qu’il fait sa formation et occupe ses premières fonctions à Busseto.

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Hommages

L’actualité de ces derniers jours a été marquée par deux disparitions qui m’ont touché.

Dominique Ogermort à 73 ans des suites d’une maladie foudroyante, était le type même du mécène amoureux de la musique et des musiciens. Homme d’affaires avisé, il mettait sa fortune au service de cette passion. C’est chez lui à Paris qu’avec quelques amis et musiciens, on avait fêté le 60ème anniversaire de Michel Dalberto en juin 2015

img_2858(Déchiffrage à six mains! Michel Dalberto, Ismaël Margain et Thomas Enhco)

Quant à Micheline Banzet-Lawton ,disparue à 97 ans, on a évidemment plus évoqué le duo qu’elle forma auprès de Maïté dans la Cuisine des mousquetaires de 1983 à 1997, que sa carrière de musicienne, de femme de radio – les débuts de France Musique et d’organisatrice de concerts.

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J’ai eu la chance de rencontrer à deux ou trois reprises Micheline Banzet. J’en conserve un souvenir ému, celui d’une personnalité rayonnante, cultivée, chaleureuse.

Renaud Machart en a dressé un juste portrait dans Le Monde du 26 août 2020.

« Si, pour le grand public, la notoriété de Micheline Banzet reste liée principalement à cette émission de télévision devenue légendaire, elle avait auparavant connu une tout autre carrière, celle d’une brillante étudiante en musique au Conservatoire de Paris (où elle obtient plusieurs prix dans les classes de violon et d’écriture) devenue violoniste professionnelle, puis productrice d’émissions de radio….

A la Radiodiffusion française, Micheline Banzet collabore au Groupe de musique concrète de Pierre Schaeffer (1910-1995), puis au Club d’essai de Jean Tardieu (1903-1995) et au Programme spécial en modulation de fréquence, lancé en 1954 par le même Jean Tardieu, qui prendra pour nom, en 1963, France Musique.

Grâce à son fameux programme « Trois jours avec… » (quelque 1 200 émissions), elle mènera des entretiens radiophoniques avec de grands noms de la musique, dont Maria Callas (1923-1977) et Herbert von Karajan (1908-1989) (les deux ont été reportés sur CD dans les collections INA/Radio France et INA, « Mémoire vive », en 2007 et 2008). Contrairement à ce qui est souvent répété depuis l’annonce de la mort de Micheline Banzet, les propos de Maria Callas n’ont jamais été publiés en livre : « Elle m’avait fait promettre que ces entretiens ne paraîtraient jamais sous forme écrite. Je lui ai donné ma parole », devait-elle confier en 2007.

Micheline Banzet se remarie au négociant de vin Hugues Lawton (1926-1999), cesse ses activités radiophoniques en 1970 et s’installe à Bordeaux, où son vaste réseau de connaissances parmi les vedettes de la musique classique profitera aux manifestations de la région (Mai musical de Bordeaux, Musiques en Côte basque), qu’elle contribuera à fonder ou à accompagner de son expertise »

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Moins connus que ses entretiens avec Maria Callas, ceux que Micheline Banzet a eus avec Karajan en 1964 sont au moins aussi passionnants… Karajan s’y exprime en français notamment sur les symphonies de Brahms !

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Italie 2020 (IV) : Theodora et les mosaïques de Ravenne

De Ferrare à Gubbio, on ne pouvait pas ne pas faire étape à Ravenne pour visiter ces églises, baptistères et mausolées, qu’on connaît depuis longtemps par les livres d’art. Un conseil : réserver à l’avance. Sur place, n’eût été le conseil avisé d’une préposée à la surveillance d’un site, on aurait attendu près de 40 minutes pour accéder à une billetterie.

Première étape, le baptistère des Ariens

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Le baptistère des Ariens, à Ravenne (en Italie), fut édifié par le roi des Ostrogoths, Théodoric l’Amale au tournant des ve et vie siècles. Les Goths, comme d’autres peuples germaniques, avaient embrassé le christianisme sous la forme prêchée par Arius et considérée comme hérétique à la suite des premiers conciles œcuméniques. Le baptistèredevait donc permettre aux Ariens de disposer de leur propre lieu, tout comme les autochtones auxquels était réservé le baptistère des Orthodoxes.

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Le monument est de forme octogonale avec quatre absidioles ; il possède une coupole décorée d’une mosaïque représentant le baptême du Christ par saint Jean Baptiste. À leur droite un dieu païen figurant le Jourdain, dont la tête est ornée de deux pinces de crabe, porte une outre de cuir de laquelle sort l’eau du fleuve. Au-dessus, le Saint-Esprit est sous la forme d’une colombe dont le bec répand l’eau lustrale. Plus bas, tout autour de la coupole, deux groupes d’apôtres, l’un mené par saint Pierre, l’autre par saint Paul se dirigent vers un trône sur lequel un crucifix précieux est posé sur un coussin de pourpre.

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La cathédrale qui jouxte le baptistère mérite le coup d’oeil, sans plus.

Deuxième étape : le Mausolée de Galla Placida

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Le mausolée de Galla Placidia est un monument de style paléochrétien construit dans la première moitié du ve siècle. Ce monument a une notoriété mondiale en raison de ses somptueuses mosaïques, qui sont parmi les plus anciennes conservées dans cette ville et qui marquent le début de la transition entre l’art paléochrétien et l’art byzantin. La construction du mausolée fut décidée par l’impératrice Galla Placidia vers 430. Dans un premier temps, l’ensemble constitué par ce qui deviendra le mausolée était un oratoire dédié à Saint-Laurent, martyrisé par les Romains et selon la légende, brûlé sur le Gril Ardent

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Mais le lieu le plus impressionnant, le plus visité aussi est assurément la basilique Saint-Vital.

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La légende rapporte que l’édifice aurait été érigé sur les lieux du martyre de saint Vital. Cependant, il n’est pas certain qu’il s’agisse de saint Vital de Milan ou d’un autre saint Vital dont les reliques ont été découvertes en même temps que celles de saint Agricola par saint Ambroise, en 393, à Bologne.

Sa construction est commencée par l’évêque Ecclesius en 526, et terminée en 547 par le vingt-septième évêque de Ravenne, Maximien, pendant la période de l’exarchat. L’édifice combine des éléments architecturaux romains (le dôme, la forme des portails, les tours) avec des éléments byzantins (l’abside polygonale, les chapiteaux, la construction en briquettes, etc.). L’église est d’une importance majeure, car elle est la seule à dater de la période justinienne, et à n’avoir pratiquement subi aucune transformation jusqu’à nos jours.

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IMG_2160L’empereur Justinien (482-527) et sa cour

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IMG_2164Et l’unique portrait de l’impératrice Theodora (500-548)

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dont la vie sulfureuse a été abondamment chroniquée par une source contestée et contestable, L’Histoire secrète de Justinien attribuée à Procope de Césarée

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On conseille la lecture de la notice extrêmement documentée que Wikipedia consacre à celle qui fut l’une des plus remarquables femmes politiques, régnant à parts égales avec son mari Justinien.

On pourra aussi regarder ce pas très bon film – Theodora impératrice de Byzance (1954) – de Riccardo Freda, avec Gianna Maria Canale et Georges Marchal dans les rôles-titres.