Poutine ou Putin ?

Débat dérisoire au regard des tragédies de l’actualité que celui qui s’est développé depuis quelques jours sur certains « murs » Facebook et lors d’une discussion avec un éminent rédacteur de programmes musicaux.

Un auditeur mal luné de Vincent Josse qui anime l’émission quotidienne La Récréation sur France Inter faisait le reproche au journaliste de prononcer Bach à la française (= Bak), et dressait une longue liste de compositeurs dont on se ferait un plaisir d’écorcher les noms. Polémique ridicule. Il y a des règles et des usages, que j’avais rappelés dans un article de ce blog : Comment prononcer les noms de musiciens étrangers ?.

Notre discussion avait trait un peu au même sujet : la prononciation et la graphie des noms russes. Depuis un siècle les usages ont beaucoup évolué, sous l’influence du nivellement international, en réalité anglo-saxon. Jusqu’à la fin du XXème siècle, chaque idiome transcrivait un nom russe selon ses normes : Shostakovich (Шостакович) donnait Chostakovitch en français, Schostakowitsch en allemand. Prokofiev et Rachmaninov étaient transcrits Prokofieff et Rachmaninoff pour faire entendre la prononciation correcte du final. Sur nombre de disques parus de son vivant, on écrivait Emile Guilels et non Gilelstranscription littérale de Гилельс.

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Il est admis depuis toujours, dans les livres d’histoire comme dans la presse, que les noms russes se terminant par le suffixe -in sont écrits –ine : Staline, Lénine, Pouchkine, Kossyguine, Eugène Onéguine… Mais marché mondial du disque oblige, on écrit Vadim Repin, Sergei Larin, Boris Belkin ou Evgeny Kissin…

81op5i9bvxl-_sl1500_(Lire à propos de cet excellent coffret le papier que lui consacre J.C.Hoffelé : Pour l’amour d’Evgeny);

Mais contrairement à cette mode, le patronyme du tout-puissant patron de toutes les Russies, et accessoirement complice et allié des bourreaux d’Alepne « bénéficie » pas, dans les médias français, de la graphie internationale de son nom Пу́тин Putin mais est toujours écrit à la française : Poutine… Craindrait-on un défaut de prononciation et un rapprochement hasardeux ? À la différence de l’héroïne de la pièce de Sartrece P. là n’est ni respectueux ni respectable.

Je ne peux m’empêcher de redonner ici la chronique que Nicole Ferroni a livrée ce matin sur France Inter :

 

La vie devant soi

Ce week-end j’avais charge d’âme, un petit bonhomme qui dévore la vie avec une bonne humeur rafraîchissante.

img_7019(Un joli spectacle bien mené au Théâtre des Mathurins)

Justement la fraîcheur est d’actualité, selon Ségolène Royal Macron amène de l’air à la politique.

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On ne peut pas dire qu’Emmanuel Macron ait manqué de souffle pour son premier grand meeting de campagne à Paris…

J’ai entendu quelques-uns des propos de Jean-Muc Mélenchon sur France Inter. Son éloge des « révolutions démocratiques d’Amérique du Sud » ne passe pas, vraiment pas…

Quant à l’entrée en campagne pour la primaire de la gauche d’un ancien ministre socialiste – un de plus ! -, au retrait d’une autre ancienne ministre, à la candidature d’une ex-ministre, ex-présidente, ex-amie de Ben Aliils n’ont pas franchement bouleversé mon dimanche.

En revanche, bien faible écho dans les médias français, ceux que j’ai vus en tout cas, de l’attaque terroriste sauvage dans une église du Caire

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On a plus parlé d’Istanbul et de l’attentat qui visait les forces de l’ordre aux abords du stade de Besiktas. La hiérarchie de l’actualité est-elle fonction du nombre de morts ?

Evidemment souvenirs de ce récent séjour : la route qui descendait de Beyoglu pour nous conduire de l’autre côté du pont de Galata longeait ce stade aux proportions impressionnantes… (voir Les rues d’Istanbul,  Le choix de la liberté).

Quant à la Syrie, que dire qui n’ait déjà été dit face à l’horreur absolue de l’agonie d’Alep et que penser du sinistre retournement de situation à Palmyre ?

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Il faut parfois beaucoup de rires d’enfants, de regards émerveillés devant une vitrine de Noël, un sapin illuminé, pour faire semblant d’oublier la fureur du monde…