Tolérance

J’avais à peine signalé le rapatriement d’un blog, jusqu’alors hébergé en Belgique, sur un site français – bestofclassic -, publié un article – Les symphonies de Schubert – où je raconte comment, et avec quels interprètes, j’ai découvert ce corpus, que je me prenais, sur les réseaux sociaux, un déferlement de critiques et de « commentaires » de la part d’une poignée de courageux vigiles cachés derrière des pseudonymes – toujours les mêmes arbitres auto-proclamés des élégances !

Ce n’est pas la première fois (et pas la dernière !) que je constate, sur Facebook, Twitter ou des forums spécialisés, que la Musique classique est loin d’adoucir les moeurs de ceux qui lui vouent un amour exclusif, jaloux, quasi-sectaire, le plus souvent solitaire, voire égoïste.

« Vous portez des jugements, lapidaires, péremptoires et (c’est le moins qu’on puisse dire) peu musicologiques ! » m’écrit l’un de ces gardiens du temple.

J’ai osé dire que je n’avais jamais accroché à une intégrale des symphonies de Schubert, souvent citée en référence, celle de Claudio Abbado, que Karl Bôhm – avec qui j’ai découvert la 6ème symphonie de Schubert – me semblait bien « pépère » !

Mon contempteur n’avait sans doute pas lu un autre article du même blog, à propos de Karl Böhm, qui m’avait d’ailleurs valu une volée d’indignations pour cause de titre non convenable (l’humour n’est pas la vertu la mieux partagée chez les « mélomanes avertis » !) : Faut-il être sexy pour être un grand chef ?  Extraits : Karl BÖHM (Graz 1894 – Salzbourg 1981) est…de la race des très grands chefs d’orchestre. Sans doute l’exact opposé, en termes de « look » ou d’exposition médiatique de son compatriote et contemporain Herbert von KARAJAN (1908-1989). Sérieux jusqu’à l’austérité, et pourtant dans la rigueur capable d’une sensualité inattendue, notamment dans les oeuvres de celui qu’il a servi avec le plus de fidélité : Richard STRAUSS….. On n’est pas obligé de souscrire aux options du chef dans des Mozart etSchubert souvent excessivement sages et mesurés, mais il n’y a jamais de contresens ni d’absence de perspective. En revanche, on aime beaucoup ses Beethoven grandioses et ses Brahms denses et fluides à la fois….

Il n’avait pas lu non plus les deux articles consacrés à Claudio Abbado : Claudio Abbado 80 ans  et Abbado, Karajan, les lignes parallèles

Non, cher anonyme correspondant, je ne permets pas de « jugement péremptoire, lapidaire, et peu musicologique » quand j’évoque les enregistrements que j’aime et/ou avec lesquels j’ai grandi, quand je parle d’artistes que j’admire profondément mais dont les disques ou les concerts ne m’ont pas toujours passionné.

En effet, je ne suis ni musicologue, ni critique professionnel. Juste quelqu’un qui a la chance infinie de travailler, depuis une trentaine d’années, pour et avec des musiciens.

Sur la critique, je me suis expliqué à plusieurs reprises : L’art de la critique (suite), et surtout Le difficile art de la critique

« Résumons, on peut distinguer trois types de critiques :

  • les critiques auto-proclamés
  • les critiques automatiques
  • les critiques autocritiques

Dans la première catégorie, presque tous les internautes, adeptes des réseaux sociaux, animateurs de sites, blogs et autres forums. Comme les supporters de football, ils refont le match à la place des joueurs et les équipes à la place des sélectionneurs. Le problème c’est qu’ils finissent par croire qu’ils ont la science – de la critique – infuse et le font croire aux malheureux organisateurs de concerts qui n’arrivent plus à convaincre les rares critiques professionnels qui restent de faire un papier, un articulet, même une brève.

Les musiciens qui, pour certains, supportent déjà mal la critique tout court, supportent encore moins cette nouvelle race de critiques auto-proclamés (sauf lorsque, par exception, ils écrivent des gentillesses).

Je force le trait ? Pas sûr.

Dans la deuxième catégorie, les critiques automatiques, je range les fans, les fans de lyrique en premier. Leurs admirations, et leurs détestations, sont inconditionnelles, exclusives, pavloviennes……Mais ce type de critiques automatiques vaut pour le piano, le violon, les chefs d’orchestre….

Heureusement, il y a une troisième catégorie, les critiques autocritiques. Ceux qui n’ont pas d’avis définitif, qui font confiance à leur expérience et à leurs oreilles, plutôt qu’à l’air du temps, à la pression de la « com », qui aiment et respectent  suffisamment les artistes pour ne tomber ni dans la complaisance ni dans la condescendance.

La critique est une école de l’humilité. J’en ai fait l’expérience grâce à la première émission de critiques de disques qui a reposé sur le principe de l’écoute à l’aveugle, Disques en lice, lancée fin 1987 sur Espace 2, la chaîne culturelle de la Radio suisse romande, par François Hudry. Pendant six ans, jusqu’à mon départ pour France Musique, semaine après semaine, nous avons exploré tous les répertoires, entendu, comparé des centaines de versions et appris la modestie. Tel(le) pianiste présenté(e) comme une référence absolue ne passait jamais l’épreuve de la première écoute, tel orchestre au son typiquement américain s’avérait être plus français que français, tel(le) chanteur/euse  si reconnaissable était un(e) illustre inconnu(e). »  (extraits de mon billet Le difficile art de la critique 9 septembre 2015)

Pour en revenir au sujet initial – les symphonies de Schubert ! – l’écoute anonyme de six versions de la 5ème symphonie de Schubert, dans Disques en liceavait été fatale… à Claudio Abbado, en même temps qu’elle avait révélé Beecham !

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Encore un exemple tout récent ! Puisque j’ai osé cibler les fantaisies que se permettait Nikolaus Harnoncourt dans sa première intégrale des symphonies de Schubert avec le Concertgebouw et que, de ce fait, je me suis rendu coupable du crime de lèse-Harnoncourt, que mes accusateurs se donnent la peine d’écouter la Table d’écoute à laquelle Camille de Rijck avait eu la faiblesse de me convier, sur la 40ème symphonie de MozartEcoute à l’aveugle, comme toujours.

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Me taxeront-ils de trop d’enthousiasme ou de respect pour le grand chef disparu il y a deux ans ?

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Si la critique est une école de l’humilité, je devrais ajouter que l’écoute critique est, ou devrait être, une école de la tolérance. 

Sur ce blog, comme sur d’autres où j’ai choisi de m’exprimer, je n’impose rien à personne – qui serais-je pour le faire ? – et je me garde bien de poser des jugements, des avis définitifs. Je livre parfois des souvenirs, les méandres d’un parcours qui m’a conduit aux responsabilités que j’ai assumées et assume encore, mes goûts plus que mes dégoûts, mes enthousiasmes plus que mes déceptions. En toute liberté.

 

Festival d’orchestres

J’avais au moins trois bonnes raisons d’être à Liège vendredi dernier : une oeuvre – la 9ème symphonie de Beethoven, un orchestre et un chef – l’Orchestre philharmonique royal de Liège et Christian Arming – qui me sont chers, la fidélité à un engagement – le combat de la Fondation Ihsane Jarfi

Orchestre et chef en très grande forme, Christian Arming, en Viennois pur sang qu’il est, maîtrise à la perfection cette étrange objet musical qu’est la 9ème symphonie d’un compositeur, certes né à Bonn, mais devenu Viennois à 22 ans. Le public du Festival Radio France avait déjà pu s’en apercevoir lors de la soirée de clôture de l’édition 2015. Arming dirigeait alors choeur et orchestre de Montpellier…

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En ce triste anniversaire du 13 novembre 2015 (Le chagrin et la raison), comme vendredi soir pour commémorer le martyre d’Ihsane Jarfi il y a cinq ans, l’exhortation  de Schiller et de son Ode à la joie résonne plus haut que jamais : Alle Menschen werden Brüder / Que tous les hommes deviennent frères…

La semaine dernière je recevais aussi deux coffrets que j’étais impatient de découvrir.

L’un des big five parmi les grands orchestres américains, le Boston Symphonybénéficie, sans raison apparente – pas d’anniversaire ou de commémoration – d’une mise en coffret de tous les enregistrements réalisés par la phalange de Nouvelle-Angleterre depuis le début des années 70… jusqu’à l’an dernier pour Deutsche Grammophon

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912rcpQLxmL._SL1500_45 ans d’enregistrements dont certains sont devenus légendaires, les tout premiers d’un tout jeune homme, Michael Tilson Thomasde magnifiques Ravel et Debussy par le guère plus vieux Claudio Abbadobien évidemment la part du lion pour le titulaire de l’orchestre pendant près de trente ans, Seiji Ozawa, directeur musical de 1973 à 2002, une quasi-intégrale Ravel qui a fait date, des Respighi resplendissants, des ballets idiomatiques (Roméo et Juliette, Le Lac des Cygnes, Casse-Noisette…). Et puis des raretés, le dernier concert de Leonard Bernstein quelques mois avant sa mort, sur les lieux de ses débuts (à Tanglewood), Eugen Jochum dirigeant Mozart et Beethoven, le grand William Steinberg qui n’aura guère eu le temps d’imprimer sa marque. Plus étonnant, sont inclus dans ce coffret les tout récents Chostakovitch (symphonies 5,6,8,9,10) enregistrés par Andris Nelsonspatron du BSO depuis 2014. Un vrai bonus avec plusieurs CD de musique de chambre dus aux Boston Chamber Playerscomme ces valses de Strauss, transcrites par Webern, Schoenberg ou Berg

Liste complète de ce coffret à voir ici : Boston Symphony : les années Deutsche Grammophon.

Demain j’évoquerai en détail un autre coffret au contenu parfois inattendu ou surprenant : Georges Prêtre, les enregistrements Columbia

Ouvertures

IMG_2139(L’Opéra-Comédie, Montpellier)

À quelques jours d’intervalle, les deux maisons d’opéra de la région Occitanie, Montpellier et Toulouse, ont fait l’ouverture de leur saison. Deux réussites, saluées comme telles d’abord par le public qui se pressait très nombreux à la première de l’Italienne à Alger à l’Opéra-Comédie le 26 septembre, et qui a fait un triomphe à la troisième représentation de Tiefland hier soir au Capitole.

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Pari toujours osé de ne pas choisir un « tube » du répertoire lyrique, encore que le Rossini de Montpellier ne soit pas une rareté.

Un Rossini dirigé comme du Mozart par le maître des lieux, Michael Schonwandtque je n’avais jamais entendu dans ce répertoire, et qui porte très haut la réussite de ce spectacle à la tête d’un orchestre en très grande forme (savoureux solos de cor, clarinette, flûte) et d’une distribution très jeune et homogène – mention spéciale pour le tout jeune ténor authentiquement rossinien Alasdair Kent ,timbre, virtuosité, ligne de chant, élégance.

À Toulouse, le choix de l’ancienne direction du Capitole d’ouvrir la saison avec un ouvrage doublement méconnu a surpris, et sans doute refroidi un public plus friand d’italianita.

Mais ce Tiefland d’Eugen d’Albert est un magnifique ouvrage qu’on ne connaissait que par le disque.

La réussite est totale, sur scène, dans la fosse, avec une distribution de très haute tenue, et l’oeuvre, musicalement, dramatiquement, est fascinante de bout en bout. L’orchestre et les choeurs du Capitole brillent de tous leurs feux sous la baguette très. inspirée d’un expert du romantisme allemand Claus Peter Flor (lire Forumopera : l’amour rédempteur)

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Deux références discographiques :

71m1BCM67KL._SL1400_L’Italienne d’Abbado permet de retrouver l’art incomparable d’Enzo Dara disparu il y a quelques semaines.

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J’en profite pour signaler la réédition à tout petit prix d’un très bel ensemble Mendelssohn dirigé par Claus Peter Flor

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Eloquence

Il paraît que les concours d’éloquence qui étaient naguère l’apanage des jeunes avocats, ou des apprentis comédiens, rencontrent aujourd’hui un succès aussi considérable qu’inattendu. Comme en Seine Saint-Denis : Faire entendre sa voix.

Tant mieux ! C’est bien la preuve que la culture, la langue commune, sont partageables par tous et sont les meilleurs moteurs du dépassement de soi, du refus de ce qu’Emmanuel Macron appelle justement « l’assignation à résidence« . Dans la logique de mon billet d’hier (Une idée folle).

Mais l’Eloquence que je veux évoquer ici n’a rien à voir avec cette belle actualité culturelle. Il s’agit d’une collection de disques, dont tous les mélomanes guettent les nouvelles publications avec gourmandise, une collection à double branche si on peut dire.

D’abord très répandue en Allemagne et d’une distribution limitée auxpays germaniques, Eloquence propose, à prix « super budget », de magnifiques rééditions issues des fonds Deutsche Grammophon, Decca et Philips. 

Et puis il y a une autre branche… australienne d’Eloquence que les amateurs – comme moi- trouvaient au hasard de leurs voyages en pays anglo-saxons ou en les commandant à un prestataire australien. Aujourd’hui heureusement cette collection est disponible couramment en Europe.

Australian Eloquence is one of the most critically-acclaimed classical reissue series in the world today. Drawing on the vast catalogues of Decca, Philips, Deutsche Grammophon and ABC Classics, the series presents music for the casual buyer as well as for the connoisseur. The series has received the highest international critical praise for its imagination and inventiveness and is noted for resurrecting several analogue recordings hitherto unreleased on CD 

C’est peu dire que c’est une malle aux trésors, d’abord par le soin apporté à ces rééditions, ensuite par la qualité et l’originalité des interprétations qui nous sont restituées, pour beaucoup jamais publiées en CD. Jean-Charles Hoffelé, qui, à mon grand regret, ne chronique plus de disques dans Diapason, ne manque aucune des belles sorties de cette collection sur son blog Artalinna.com

Je viens, pour ma part, de reconstituer, grâce à trois doubles CD, ce qui pourrait bien être mon intégrale idéale des symphonies de Tchaikovski

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Les premières explorations tchaikovskiennes du tout jeune Michael Tilson Thomas en 1970 à Boston – la 1ère symphonie la plus poétique, la plus juvénile de la discographie, magnifiquement captée – du tout jeune Claudio Abbado en 1967 à Londres – une 2ème symphonie toute gorgée de mélodies populaires ukrainiennes (à entendre cet été à Montpellier !), le même Abbado jamais aussi imaginatif que dans cette 4ème symphonie viennoise, et un chef aujourd’hui bien oublié, Ferdinand Leitnerqui nous offre une version idiomatique de la suite de Casse-Noisette.

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La 3ème symphonie de Tchaikovski est un peu la mal-aimée des six, elle est rare au concert, encore plus au disque hors intégrales. Je ne connaissais pas cette version du chef israëlien, lui aussi bien oublié, Moshe Atzmon : une splendeur très bien enregistrée avec l’autre orchestre viennois, les Wiener Symphoniker

On retrouve Claudio Abbado dans une lumineuse 5ème londonienne, et deux formidables témoignages d’un chef polonais bien trop négligé Witold Rowicki, des versions vraiment idéales des deux suites du Lac des cygnes et de La belle au bois dormant.

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Last but not least, encore le jeune Abbado dans deux réussites, sa première « Pathétique »la plus réussie avec le grain inimitable des Viennois, et son premier Roméo et Juliette à Boston. Et une version haute en couleurs, qu’on avait complètement oubliée, de Manfred, cette symphonie qui ne dit pas son nom, due à un chef inspiré, Youri Ahronovitch.

Un Tchaikovski… vraiment éloquent sous ces belles baguettes, qu’on redécouvre avec infiniment de bonheur.

Des cadeaux intelligents

Nous connaissons tous l’horreur de la question rituelle à l’approche des fêtes de fin d’année : que va-t-on pouvoir offrir à X, quel cadeau original faire à Y ? Et affronter la foule des grands magasins ?

Quelques suggestions personnelles… toutes disponibles sur le Net et sans se ruiner !

D’abord une formidable aubaine : 25 ans d’Europakonzerte de l’Orchestre philharmonique de Berlin25 DVD dans un boîtier format CD (un exemple à suivre, svp Messieurs les distributeurs de DVD !), à moins de 50 €. 51hfw6oqkzl-_sl1200_81adiunl5al-_sl1484_L’idée est née en 1991 de proposer, chaque 1er mai, un concert prestigieux des Berliner dans un lieu ou une salle emblématiques d’Europe. L’affiche de ces concerts – chefs, solistes, programmes – parle d’elle-même. Indispensable !

Autre coffret de DVD, même format, mais plus cher et plus hétéroclite, même s’il restitue l’art multi-facettes du pianiste Daniel Barenboim

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Après une discussion passionnée sur Facebook à propos d’une récente réédition de « live » captés à Dresde sur le chef/compositeur italien Giuseppe Sinopoliprématurément disparu en 2001 à 54 ans, je signale deux coffrets formidables (l’un de 16 CD musique orchestrale et chorale, l’autre de 8 CD concertos) à trouver sur www.amazon.ità des prix inversement proportionnels au talent unique du chef disparu :

71cvmcaiirl-_sl1146_5132aldmcdl(Voir détails des deux coffrets à la fin de cet article)

Une nouveauté qui pourrait passer inaperçue : la 4ème symphonie et le concerto pour violon de Weinberg (1919-1996) dans un boîtier au format livre de poche, et à un prix dérisoire. Un très grand compositeur qu’on commence seulement à redécouvrir et à enregistrer, un magnifique concerto pour violon.

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Dans un registre plus traditionnel en ce temps de Noël, deux jolis disques, qui sortent un peu des sentiers balisés, avec la fine fleur des interprètes français de la jeune génération.

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Trouvé hier chez mon libraire de la rue de Bretagne un excellent ouvrage tout ce qu’il y a de plus sérieux sur une musique qui n’a jamais été très prise au sérieux, l’Easy listening !

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La musique easy listening erre au-dessus de tous les styles musicaux qui existent depuis le XVIIIe siècle jusqu’au début des années 1970. C’est une musique large, sans oeillères, qui va puiser son inspiration à des sources bien dissemblables comme les compositeurs de musique classique, les big bands américains des années 1940, les ensembles gamelan balinais folkloriques, les Beatles, la bossa-nova ou la musique hawaïenne traditionnelle. Elle rassemble des personnages aussi différents que l’illustre Burt Bacharach, l’hypnotique pseudo-Indien Korla Pandit, la diva péruvienne Yma Sumac, le Français Roger Roger, auteur de pastilles musicales pour l’ORTF et de son compère Nino Nardini, ou encore Ennio Morricone, c’est dire la difficulté de recenser tous les représentants de cette famille musicale qui a servi de base de données infinie et de source d’inspiration pour des artistes tels que les Beastie Boys, le Wu-Tang Clan, Stereolab, The Avalanches, Portishead, The Cramps etc. Des ascenseurs et supermarchés au salon des clubs lounge, de l’exotica qui envahit l’Amérique d’après-guerre aux bandes-son des films d’exploitation, cet ouvrage définit les contours d’un genre musical omniprésent et pourtant mal connu. (Présentation de l’éditeur).

Il faut saluer ce travail remarquable, et souhaiter qu’il soit complété par tout un pan de ce qui fait bien partie de l’histoire de l’Easy listening, la profusion de grands orchestres américains, souvent issus de phalanges classiques (Boston Pops, Cincinnati Pops, Hollywood Bowl) ou animés par des musiciens charismatiques (MantovaniXavier Cugat, Frederick Fennell, Morton Gould, etc.).

Et comme, pour la plupart d’entre nous, ce 25 décembre ne sera pas blanc, ce potpourri qui réveille en moi tant de souvenirs d’enfance :

 

  • Coffrets Sinopoli /
  • Orchestral Works (16 CD) Beethoven Symph.9 (Dresde) – Brahms Requiem allemand (Phil.tchèque) – Bruckner Symph.4 & 7 (Dresde) – Tchaikovski Symph.6 & Roméo et Juliette (Philharmonia) – Elgar Variations Enigma & Sérénade cordes & In the South – Maderna Quadrivium & Aura & Biogramma (NDR) – Mahler Symph.5 (Philharmonia) – Mendelssohn Symph.4 (Philharmonia) – Schumann Symph.2 (Vienne) – Moussorgski Tableaux d’une exposition (New York) – Ravel Valses nobles et sentimentales (New York) – Ravel Boléro & Daphnis (Philharmonia) – Debussy La Mer (Philharmonia) – Respighi Pins de Rome, Fontaines de Rome, Fêtes romaines (New York) – Schoenberg La nuit transfigurée & Pelléas et Mélisande – Schubert Symph.8&9 (Dresde) – Sinopoli Lou Salomé (Popp, Carreras, Stuttgart) – R.Strauss Ainsi parlait Zarathoustra (New York) Don Juan (Dresde) Danse des sept voiles (opéra Berlin)
  • Concertos (8 CD) Beethoven Concertos piano 1&2 (Argerich, Philharmonia) – Beethoven Conc.violon & Romances (Mintz, Philharmonia) – Bruch conc.vl.1 + Mendelssohn Conc.vl (Shaham) – Elgar Conc.violoncelle + Tchaikovski Variations Rococo (Maisky) – Manzoni Masse Omaggio a Edgar Varese (Pollini, Berlin) + Schoenberg Symph.de chambre op.9 (Berlin) – Mozart Conc.fl.harpe + Symph.conc.vents (Philharmonia) – Paganini Conc.vl.1 + Saint-Saëns Conc.vl.3 (Shaham, New York) – Sibelius & Tchaikovski Conc.vl (Shaham, Philharmonia)

Capitale de la nostalgie

Le 1er janvier prochain, serons-nous devant nos postes de télévision et/ou à l’écoute de France Musique ? Le d’ordinaire si traditionnel concert de Nouvel an des Wiener Philharmoniker devrait prendre un sérieux coup de jeune avec la présence au pupitre de Gustavo Dudamel. Une bonne surprise en perspective ?

10924258_1559922014246795_4672920754664783963_o(Avec Gustavo Dudamel, à la Philharmonie de Paris, le jour de son 34ème anniversaire !)

Ces musiques, d’apparence légère, sont en réalité si difficiles, comme si leur « viennitude » échappait à de grandes baguettes peu familières de ce qui fait le caractère unique de la capitale autrichienne, la ville de Klimt, Freud, Schoenberg, Mahler… et des inventeurs de la valse pour la Cour et le peuple, les Lanner, Strauss, Ziehrer & Cie…

J’écrivais ceci il y a un an dans Diapason à propos du très beau coffret publié par Sony :

« Mit Chic » (titre d’une polka du petit frère Strauss, Eduard) au dehors – pochettes cartonnées, papier glacé au blason de l’orchestre philharmonique de Vienne, mais tromperie sur le contenu : « The complete works », une intégrale de la famille Strauss ? des œuvres jouées en 75 concerts de Nouvel an ? Ni l’une ni l’autre.

Mais le double aveu de l’inamovible président-archiviste de l’orchestre, Clemens Hellsberg, nous rassure : l’origine peu glorieuse – 1939, les nazis, un chef Clemens Krauss compromis – est assumée, le ratage, en 1999, du centenaire de la mort de JohannStrauss fils (et les 150 ans de celle du père) aussi. En 60 ans, les Viennois n’avaient jouéque 14 % des quelque 600 opus des Strauss père et fils. Quinze ans après, le pourcentage s’est nettement amélioré : 265 valses, marches, polkas, quadrilles des Strauss, Johann I et II, Josef et Eduard, quelques Lanner (10), Hellmesberger (9), Suppé(5), Ziehrer (4), épisodiquement Verdi, Wagner, Brahms, Berlioz, Offenbach.

Un oubli fâcheux : les rares versions chantées de polkas (Abbado 1988 avec les Petits Chanteursde Vienne) et de Voix du printemps (Karajan 1987 avec Kathleen Battle),

Rien cependant qui nuise au bonheur de cet orchestre unique, sensuel, miroitant, tel quele restitue l’acoustique exceptionnelle de la grande salle dorée du Musikverein, le chic, lecharme, une élégance innée.

Les chefs, c’est autre chose : Carlos Kleiber, en 1989 et 1992, a placé si haut la référence– heureusement la quasi-totalité de ces deux concerts est reprise ici. Les grands habitués, Zubin Mehta, formé à Vienne (à lui Le Beau Danube bleu ) et Lorin Maazel se taillent la part du lion, Harnoncourt est insupportable de sérieux (une Delirien Walzer anémiée), Muti impérial, Prêtre cabotinant, Karajan réduit à la portion congrue (du seul concert de Nouvel an qu’il dirigea le 1er janvier 1987 l’anecdotique Annen Polka) et Boskovsky indétrônable pilier de 25 ans de « Nouvel an » (1955-1979) confiné aux compléments. Pourquoi tant de place pour les plus récents invités ? Barenboim empesé et chichiteux, Ozawa hors sujet, Jansons artificiel à force d’application, et l’anesthésique Welser-Moest.

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Je me suis longtemps demandé pourquoi, d’abord, j’étais irrésistiblement attiré par ces musiques – à 20 ans, c’était une passion inavouable ! – ensuite toujours plongé dans un état de nostalgie avancé, la nostalgie étant le regret de ce que l’on n’a pas connu…

L’explication est d’abord musicale. Johann Strauss puis Lehar après lui, à la différence d’un Offenbach ou d’un Waldteufel en France, ne laissent jamais libre cours à la joie pure, au trois-temps allègre et débridé. Dans leurs valses – qui sont en réalité des suites de valses enchaînées – les frères Johann et Josef Strauss ne peuvent s’empêcher, soit dans l’orchestration, soit dans les figures mélodiques, d’assombrir la perspective, de décourager l’optimisme qui devrait normalement gagner l’auditeur ou le danseur.

Ainsi les premières mesures de Vie d’artiste :

Cette phrase initiale si douce-amère du hautbois et de la clarinette reprise par les violoncelles est une parfaite signature de la nostalgie viennoise…

Dans une autre valse, beaucoup moins connue, Le Papillon de nuit (Nachtfalter)toute l’introduction puis le lancement de la valse sont d’une tristesse infinie. Ce n’est plus une valse à danser, mais les échos d’un bonheur révolu…

Ce sentiment atteint des sommets dans La Chauve-Souris (Die Fledermaus)lorsqu’à la fin du bal chez Orlofsky, au deuxième acte, les convives entonnent Brüderlein, Schwesterlein

(Un extrait de la version mythique de Carlos Kleiber avec Brigitte Fassbaender en faux prince russe)

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Et que dire du célébrissime duo valsé de La Veuve joyeuse (Die lustige Witwe) ? Ici dans l’incomparable version de Karajan avec Elizabeth Harwood et René Kollo.

71rxzplclel-_sl1500_Un passage moins connu de la même opérette (Comme un bouton de rose) prend presque des airs du fin du monde, de fin d’un monde en tout cas :

Le même ténor Waldemar Kmentt rejoint l’une des plus voix les plus authentiquement viennoises, Hilde Gueden – mélange de sensualité, de douceur et de ce je ne sais quoi de tristesse – dans une autre opérette de Lehar, Le Tsarévitch

Dix ans avant la mort de Johann Strauss (1825-1899), Gustav Mahler crée sa Première symphonie. Ecoutez à partir de 20’45 » – l’imparable rythme de valse du second mouvement :

Et pour rester dans cette atmosphère Mitteleuropa, un petit bijou triste à souhait, cette valse lente du compositeur tchèque Oskar Nedbal :

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Pour finir, un regret en forme de coup de gueule. N’ayant encore jamais trouvé d’ouvrage sérieux en français sur la dynastie Strauss et leurs amis, je me réjouissais de découvrir une nouveauté parue chez Bernard Giovanangeli Editeur : Johann Strauss, la Musique et l’esprit viennois.

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L’auteur se présente comme germaniste, maître de conférences, avec plusieurs ouvrages à son actif sur Sissi, Louis II de Bavière, Mayerling, Vienne, etc. Le problème est que ce livre hésite constamment entre plusieurs approches, la biographie plutôt people, les poncifs sur l’esprit du temps et des lieux, des anecdotes sans grand intérêt à côté d’un chapitre plutôt original sur la judéité revendiquée de Johann Strauss, un catalogue a priori complet des oeuvres du roi de la valse – mais à y regarder de près, truffé d’erreurs ! – tout comme une discographie complètement cahotique (Le Baron Tzigane d’Harnoncourt est daté de 1972 chez EMI (!) tandis que la version d’Otto Ackermann de 1953 est datée de 1988, tout le reste à l’avenant… Le pompon est détenu par la préface d’un illustre inconnu que l’auteur présente comme un grand  chef d’orchestre et de choeurs, qui ne manque d’ailleurs pas de citer tous ses titres de noblesse qu’on ne poussera pas la cruauté à citer ici. Disons que sa notoriété est circonscrite à un périmètre qui va d’Angoulême à Limoges et que l’art d’enfiler les perles n’a plus de secrets pour lui : « Il suffit d’écouter Le Beau Danube bleu, que j’ai eu le plaisir de diriger, pour percevoir toute la richesse mélodique et la construction symphonique de la reine des valses célèbre dans le monde entier… » 

Affinités

Ils ne sont plus si nombreux les grands chefs d’une génération qui a vu disparaître, en quelques mois, Neville Marriner, Claudio Abbado, Pierre BoulezC’est dire si la présence de Bernard Haitink  (87 ans) au pupitre de l’Orchestre National de France fait figure d’événement.

Le chef néerlandais, qui avait dirigé la 9ème symphonie de Bruckner en février 2015, avait expressément souhaité un programme français, sachant que l’ensemble de cette saison 2016-2017 du National serait placée sous l’égide de la musique française : le Gloria de Poulenc et l’intégrale de Daphnis et Chloé« symphonie chorégraphique pour orchestre et choeurs sans paroles » de Ravel.

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L’oeuvre de Poulenc est étrange, ambigüe – comme l’était le compositeur « moine et voyou » et on avait plutôt l’impression hier soir d’un requiem que d’un gloria, la voix cristalline et d’une impeccable justesse de Patricia Petibon nous rapprochant du requiem de Fauré. Haitink a fait le choix de la gravité, de la grandeur même, et c’est un parti parfaitement assumé.

En deuxième partie, on était impatient d’entendre l’intégralité de la partition de Ravel, plutôt rare au concert (à cause des interventions chorales ?). On retrouve – mieux que dans le « live » qu’il a gravé à Chicago, voir ci-dessous – les qualités de celui qui fut le légendaire patron du Concertgebouwrespect du texte et des mélanges instrumentaux – si importants chez Ravel – contrôle des masses sonores, au risque d’une modération qui manque parfois de fantaisie. Mais la performance, pour un homme de cet âge, reste éblouissante, et, en l’applaudissant aussi longuement, le public, dans lequel étaient assis deux étoiles montantes de la direction, Lorenzo Viotti et Alexandre Bloch, avait peut-être ce pincement au coeur qui vous vient lorsque l’au-revoir prend la forme d’un adieu…

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On peut heureusement (ré) écouter : Concert ONF/Haitink sur France Musique

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Pour retrouver les heures illustres de Bernard Haitink dans Debussy et Ravel, on recommande ce double CD :

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Remaniement, amour et cruauté

Il n’y a que les mauvais esprits qui pourraient oser un parallèle entre l’actualité politique de ce jeudi et le spectacle que j’ai vu hier soir à Montpellier, le dernier opéra de Puccini, Turandot.

La constitution ou le remaniement d’un gouvernement est, de toutes les époques, et sous tous les Présidents de la Vème République, une tragi-comédie humaine. J’en ai connu de ces hommes et de ces femmes qui ont attendu en vain près de leur téléphone (du temps où le portable n’existait pas encore), de ceux aussi qui ont appris leur nomination…ou leur déchéance par la radio ou la télévision. Bref, l’exercice est souvent cruel.

Quant à la nouvelle ministre de la Culture, Audrey Azoulay, elle a bien d’autres dossiers à traiter, mais je sais qu’elle est attentive aux artistes et à leurs difficultés. On veut espérer qu’elle aidera à la solution d’un problème qui n’aurait jamais dû en être un : l’interdiction faite à Julien Chauvin de redonner à son ensemble la totalité du nom du Concert de la Loge Olympique  (https://www.facebook.com/jeanpierre.rousseau/posts/10153432224667602)

De cruauté mais aussi d’amour il fut question, et de fort belle façon, hier soir à l’Opéra Berlioz de Montpellier.

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(Photo Marc Ginot)

Je pourrais reprendre à mon compte le papier de Michèle Fisaine dans Le Midi libre (http://www.midilibre.fr/2016/02/09/l-amour-est-vainqueur-quand-turandot-triomphe,1283477.php)

Turandot est peut-être, avec La Bohème, l’opéra de Puccini que j’ai vu le plus souvent. Spectaculaire, exigeant de très gros calibres dans les rôles principaux, Turandot, Calaf, et même Liu. Et surtout fabuleusement écrit pour l’orchestre et les choeurs. Je n’ai jamais compris l’opprobre dans lequel certains directeurs d’opéra tiennent Puccini – Gérard Mortier n’a jamais programmé un Puccini à l’opéra de Paris ! -. Le raffinement de l’écriture, les trouvailles et les audaces harmoniques de Puccini ont heureusement fasciné nombre de jeunes compositeurs du XXème siècle.

Pour la splendeur de l’ensemble, j’ai toujours eu une tendresse pour la version de Karajan, même si aucune des chanteuses n’aurait été crédible (audible ?) sur scène.

 

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Second choix, mais avec des voix au bon format :

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Passés de mode

La mode existe aussi dans la musique classique. Ou plus exactement les comportements moutonniers, suivistes, dans la programmation des concerts comme dans les disques.

Le phénomène est aisé à observer, avec l’abondance des rééditions en gros coffrets, pour tous les artistes, solistes, chefs, qui ont compté ces cinquante dernières années. Il y a des oeuvres que tout le monde enregistrait dans les années 60-70, qui semblent ne plus intéresser personne depuis dix ans, ou à l’inverse des compositeurs, des répertoires naguère délaissés, qui font l’objet de multiples intégrales.

Beethoven, Brahms, Bruckner, Mahler n’ont jamais quitté les premières places, mais cherchez une intégrale récente des musiques de scène de Rosamunde de Schubert ou du Songe d’une nuit d’été de Mendelssohn. Vous trouvez pour la première Abbado… en 1991, pour la seconde Harnoncourt.. en 1992 ou Herreweghe en 1994 !

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Les intégrales des symphonies de Chostakovitch se comptent par dizaines, quand au début des années 80, on pouvait les dénombrer sur les doigts d’une main ! Mais à quand remonte la dernière intégrale des symphonies d’Honegger ? Dutoit au milieu des années 80, à peu près en même temps, Plasson à Toulouse et une décennie auparavant une splendide version de Serge Baudo avec la Philharmonie tchèque. Le formidable Stéphane Denève va-t-il relever le gant, en donnant une suite à ce tout récent disque des 2ème et 3ème symphonies ? ou, comme jadis Karajan, s’arrêtera-t-il en chemin ?

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Même phénomène pour Olivier Messiaen (1908-1992). On a célébré son centenaire en 2008 avec moult rééditions, coffrets d’hommage, mais, sauf erreur, le dernier enregistrement de studio de son oeuvre phare, la Turangalîlâ-Symphonie, remonte à 1996 (Yan Pascal Tortelier chez Chandos). Il en est paraît-il ainsi de tous les compositeurs qui connaissent une période de purgatoire après leur mort. Voire.

Tout chef qui se respectait enregistrait au moins un disque d’ouvertures ou de pièces spectaculaires, ils y sont tous passés, de Toscanini à Karajan, de Furtwängler à Solti, Mehta, Maazel, Muti, Böhm, etc. La jeune génération ? Privée de sucreries !

Les plus grands ne dédaignaient pas les ballets romantiques, les Tchaikovski, Delibes, Adam. Il faut plonger dans les rééditions (Karajan/Decca, Martinon, Ansermet, Dorati) pour trouver les Coppélia, Sylvia, Giselle, autrefois si prisés, même privés de la scène. Les dernières intégrales des trois ballets de Tchaikovski remontaient aux années 70/80 avant que, à la surprise générale de la critique (!), Simon Rattle ne grave une vision très (trop) symphonique de Casse Noisette, et que Valery Gergiev – inégal, mais nettement plus chorégraphique que le pesant Mikhail Pletnev – n’assure la succession de Svetlanov ou Rojdestvenski.

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Encore plus anachronique, les valses viennoises. S’il n’y avait pas le concert du Nouvel an viennois – et son immuable défilé de tubes et de quelques surprises – il n’y aurait plus un seul disque signé d’un grand chef dans ce répertoire. Il est vrai qu’après Karajan, Böhm et Boskovsky, Carlos Kleiber a « tué le job ».

On retrouve heureusement – et enfin ! – une belle compilation des grandes heures de ces concerts viennois dans le coffret de 23 CD édité par Sony (mais reprenant les prises DGG, Decca, EMI, Philips). Critique à lire dans le numéro de décembre de Diapason !

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